Classe moyenne en Suisse : un sentiment d’appartenance fort, mais des perspectives assombries
Dans le cadre d’un partenariat avec Le Temps, MIS Trend a interrogé en novembre 2025 plus de 2800 personnes en Suisse afin de mieux comprendre comment la population se situe par rapport à la classe moyenne, perçoit son pouvoir d’achat et anticipe l’évolution de sa situation économique.
Les résultats montrent d’abord un fort sentiment d’appartenance: 77 % des personnes interrogées estiment appartenir à la classe moyenne, alors que, selon l’Office fédéral de la statistique, 57,6 % de la population en fait effectivement partie. Cet écart illustre le flou qui entoure la notion de classe moyenne et la manière dont elle est utilisée dans le débat public.
Sur le plan des perspectives, l’inquiétude domine clairement. Interrogés sur l’évolution de la situation économique de la classe moyenne en Suisse au cours des cinq prochaines années, 72 % des répondantes et répondants anticipent une détérioration, 21 % ne s’attendent pas à de changement particulier et seulement 3 % envisagent une amélioration.
Le sondage montre également que le logement demeure la première charge dans le budget des ménages, devant les primes d’assurance maladie et les impôts. Mais lorsque l’on demande quelles charges inquiètent le plus pour les années à venir, les primes maladie et les coûts de la santé arrivent très nettement en tête: 59 % des personnes interrogées les citent en premier, loin devant le logement (17 %) et les impôts (11 %).
L’accès à la propriété apparaît, lui, plus nuancé que ce que l’on pourrait imaginer. Au total, 40 % des répondantes et répondants déclarent être propriétaires de leur logement. Parmi les personnes qui louent, une majorité considère toutefois qu’elle ne sera probablement pas en mesure d’acheter un logement dans les dix prochaines années, ce qui traduit un sentiment de décrochage face à la hausse des prix immobiliers et aux exigences de financement.
Enfin, l’étude se penche aussi sur une question plus structurelle: faut-il limiter la population suisse à 10 millions d’habitantes et habitants afin d’éviter une dégradation des conditions de vie? Sur ce point, la société se révèle partagée, mais une courte majorité se prononce en faveur d’une limitation, ce qui montre que les enjeux démographiques et territoriaux s’invitent de plus en plus dans les préoccupations liées à la classe moyenne.
Méthodologie
L’enquête a été réalisée en ligne du 11 au 16 novembre 2025 auprès de 2873 personnes âgées de 18 ans et plus (2053 en Suisse romande, 567 en Suisse alémanique et 253 au Tessin). Les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, le canton et le niveau de formation afin de garantir la représentativité de la population suisse. La marge d’erreur maximale est de ± 1,8 % sur l’échantillon total.
Pour aller plus loin
Lire l’article de synthèse publié par Le Temps
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Forum Santé 2025 : les Suisses ouverts à des primes maladie liées au revenu
À l’occasion du Forum Santé 2025, organisé par Le Temps sur le thème « Soigner ne suffit plus », MIS Trend a réalisé un sondage représentatif auprès de la population suisse. Publiés ce matin dans Le Temps, les résultats montrent une demande claire de réformes en profondeur du système de santé, en particulier autour du financement des primes et de la place accordée à la prévention.
Des primes plus fortement liées au revenu
Interrogés sur différents modèles de financement, 61 % des participantes et participants se déclarent favorables à des primes d’assurance maladie calculées en fonction du revenu. Un répondant sur deux (50 %) serait également prêt à accepter des primes partiellement liées au comportement individuel, par exemple l’activité physique, le tabagisme ou l’engagement en matière de prévention.
Prévention : une responsabilité d’abord individuelle
Pour 64 % de la population, la prévention relève avant tout de la responsabilité individuelle, et non principalement de l’État ou de politiques publiques. Cette perception varie toutefois selon les régions linguistiques : 71 % des personnes alémaniques, 63 % des italophones et 48 % des Romands privilégient la responsabilité individuelle.
Dans le même temps, la population attend des autorités qu’elles actionnent des leviers concrets : intégration de la nutrition, de l’hygiène et de la santé mentale dans les programmes scolaires, campagnes de dépistage renforcées, taxation accrue du tabac et de l’alcool ou encore subventions pour les aliments considérés comme sains.
Droit à la santé et nouvelle loi fédérale
Pour dépasser le seul cadre de la LAMal, une majorité relative souhaite un changement de paradigme. Selon le sondage, 54 % des personnes interrogées sont favorables à l’inscription du droit à la santé dans la Constitution fédérale. Les jeunes adultes de 18 à 29 ans, ainsi que les populations latines, soutiennent particulièrement cette idée : 70 % des Romands et 73 % des Tessinois y sont favorables, contre 47 % des Alémaniques.
Parallèlement, 48 % des répondants se disent favorables à l’adoption d’une loi fédérale sur la santé, qui viendrait compléter ou dépasser le cadre actuel de la loi sur l’assurance maladie.
Un système perçu comme inégal
Malgré la bonne réputation internationale du système de santé suisse, le ressenti de la population est plus nuancé : 53 % estiment qu’il existe des inégalités dans l’accès aux soins, et 49 % perçoivent des différences dans la qualité des traitements reçus. Ces résultats traduisent un certain désenchantement et nourrissent l’appel à des réformes structurelles.
Numérisation, données de santé et intelligence artificielle
La numérisation de la santé divise. La moitié de la population (50 %) déclare utiliser des outils de santé connectés (montres, applications, objets connectés), une pratique plus fréquente chez les 18–29 ans (59 %) que chez les personnes de 60 ans et plus (41 %).
La question de la protection des données reste sensible : 45 % des répondants font d’abord confiance aux prestataires de soins pour la sécurité de leurs données de santé, 19 % à l’État, seulement 4 % aux assureurs, tandis que 28 % ne font confiance à aucun de ces acteurs.
Concernant l’intelligence artificielle, une majorité relative considère aujourd’hui l’IA plutôt comme une opportunité dans le domaine de la santé, notamment pour le diagnostic de pathologies bénignes ou la détection précoce de certaines maladies.
Méthodologie
L’enquête a été réalisée par MIS Trend pour Le Temps dans le cadre du Forum Santé 2025. Le sondage a été conduit en ligne du 21 au 26 octobre 2025 auprès d’un échantillon de 1 349 personnes âgées de 18 ans et plus (583 Romands, 534 Alémaniques et 232 Tessinois). Les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge et le canton afin de garantir la représentativité de la population suisse. La marge d’erreur maximale est de ± 2,6% sur l’échantillon total (± 4,1% pour la Suisse romande, ± 4,2% pour la Suisse alémanique et ± 6,4% pour le Tessin).
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