85% des personnes actives se disent bien au travail. 55% se sont déjà senties proches du burn-out. Les deux chiffres viennent du même sondage, réalisé par MIS Trend pour Le Nouvelliste auprès de 1’647 personnes actives de 16 à 65 ans en Suisse romande et alémanique. Le Nouvelliste en a publié les résultats le 5 octobre 2026, analysés par deux spécialistes du monde du travail.
Un bien-être qui ne dit pas tout
85% jugent leur bien-être au travail plutôt bon (60%) ou très bon (25%). Et 55% se sont déjà senties proches du burn-out, une fois (32%) ou plusieurs fois (23%).
Le tableau n’est rassurant qu’en surface : 44% ressentent une pression régulière ou permanente, et 47% ont souffert de fatigue chronique à cause de leur travail, souvent ou quelques fois, au cours des 12 derniers mois. Pour Stéphane Haefliger (Vicario Consulting) et Rafaël Weissbrodt (Haute école de santé du Valais), qui ont analysé les résultats pour Le Nouvelliste, le bien-être déclaré ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la santé au travail.
Le salaire : quatrième source de bien-être, premier manque
Ambiance et collègues (48%), conditions de travail comme les horaires et la flexibilité (42%), intérêt des tâches (39%) : les trois premières sources de bien-être ne passent pas par la fiche de salaire. Le salaire n’arrive que quatrième (36%).
Mais à la question de ce qui manque le plus pour être mieux au travail, une meilleure rémunération arrive en tête (50%), devant plus de reconnaissance (32%) et un meilleur management (32%). Trois réponses étaient possibles à chaque question.
Travailler malade, un choix revendiqué
74% des personnes actives ont déjà continué à travailler alors qu’elles auraient dû s’arrêter pour raison de santé, 21% souvent. Parmi elles, 84% disent que c’était principalement leur propre choix, 16% citent la pression de leur employeur. Dans le même sondage, 79% estiment que certaines personnes abusent des arrêts maladie.
Suisse alémanique, Suisse romande : deux rapports au travail
89% des Alémaniques se disent bien au travail, contre 75% des Romands. Pression régulière ou permanente : 41% contre 53%. Déjà proches du burn-out : 52% contre 64%.
Les écarts, de 12 à 14 points, dépassent les marges d’erreur des deux régions. Rafaël Weissbrodt y voit d’abord une manière différente de répondre à un questionnaire, et des attentes différentes envers l’employeur : en Suisse alémanique, la confiance envers lui est plus grande.
Les 16-29 ans sous plus forte pression
15% des 16-29 ans ressentent une pression au travail toujours ou presque, contre 6% des 30-44 ans et 8% des 45-65 ans. 44% se sentent coupables de ne pas être joignables le soir, le week-end ou en vacances (22% chez les 45-65 ans). 31% envisagent de quitter leur entreprise pour préserver leur santé (17% chez les 45-65 ans).
Les deux experts consultés par Le Nouvelliste mettent toutefois en garde contre l’effet de génération : pour Stéphane Haefliger, le rapport au travail dépend davantage du niveau d’études, de la rémunération et du réseau que de l’âge.
Méthodologie
Questionnaire en ligne diffusé du 15 juillet au 20 août 2026 sur les plateformes du Nouvelliste et d’ESH Médias, et du 4 au 20 août 2026 auprès du panel MIS Trend. 1’647 personnes actives de 16 à 65 ans en Suisse romande et alémanique. Résultats totaux pondérés par genre, âge et canton, pour représenter la population des deux principales régions linguistiques.
Marge d’erreur maximale : ± 3,3 points sur le total, ± 4,0 points en Suisse romande, ± 4,3 points en Suisse alémanique.
Tous les pourcentages ne portent pas sur la même base. Les 84% qui disent avoir travaillé malades par choix sont calculés sur les 1’213 personnes qui l’ont déjà fait, pas sur l’ensemble des répondants. Lire un sondage, c’est aussi lire sa base.
Sources
Étude MIS Trend SA pour Le Nouvelliste, « La santé au travail », août 2026 (1’647 personnes actives de 16 à 65 ans, Suisse romande et alémanique, ± 3,3 points).
Le Nouvelliste, 5 octobre 2026 : Sondage : burn-out, arrêts maladie, différences Romands-Alémaniques