Notre étude menée auprès de 782 Romandes et Romands de 15 à 40 ans, réalisée pour Blick et le Club suisse de la presse dans le cadre des Assises du journalisme, bouscule les idées reçues : les jeunes s’informent bel et bien. Mais ils le font sur des canaux auxquels ils ne font pas confiance.

Une génération connectée à l’actualité

Le cliché d’une jeunesse désengagée de l’information ne résiste pas aux chiffres. Seuls 5% des répondants déclarent ne pas vraiment s’informer, et les sondés consacrent en moyenne 48 minutes par jour à l’actualité. Les pratiques se répartissent presque à parts égales entre recherche active (32%), réception passive (30%) et un mélange des deux selon les sujets (33%).

Le paradoxe central : l’usage sans la confiance

Les réseaux sociaux dominent les usages : 45% les consultent tous les jours ou presque pour s’informer, Instagram atteignant à lui seul 44%. Mais 78% des sondés déclarent ne pas leur faire confiance. À l’inverse, la radio et les médias écrits recueillent 73% de confiance, la télévision 69%, sans être consultés quotidiennement par plus d’un quart des répondants. Même ambivalence pour TikTok : désigné premier lieu de circulation des fake news (51%), il reste consulté chaque jour par un quart des sondés. Les jeunes ne sont pas dupes des plateformes qu’ils fréquentent. Ils s’informent en connaissance de cause.

Journalistes et créateurs de contenu : deux métiers, deux rôles

Les journalistes conservent un capital de confiance solide : 66%, contre 31% pour les politiciens, 27% pour les GAFAM et 22% pour les créateurs de contenu. La distinction des rôles est tout aussi nette : pour 85% des sondés, le journaliste est là pour informer. Le créateur de contenu, lui, divertit (50%), donne son opinion (23%) ou influence (20%). Seuls 7% lui reconnaissent un rôle d’information.

L’IA, nouvelle source et nouveau doute

15% des jeunes s’informent désormais tous les jours ou presque via une IA, 43% au moins une fois par semaine, soit déjà le niveau de la radio. Dans le même temps, 83% déclarent se méfier davantage de l’information depuis le développement de l’IA, et 75% craignent les fake news.

Un consensus rare : l’école doit former

Face à ce constat, les jeunes ne restent pas passifs : 84% déclarent vérifier au moins parfois une information avant de la partager, d’abord en croisant plusieurs sources (70%). Et un chiffre écrase tous les autres : 91% estiment que l’école devrait apprendre aux jeunes à reconnaître les fake news.

Méthodologie

Questionnaire en ligne diffusé du 27 juillet au 10 août 2026 via les plateformes de Blick et le panel MIS Trend. 782 participantes et participants de 15 à 40 ans en Suisse romande, pondérés par canton, genre et tranche d’âges. Marge d’erreur maximale sur le total : ± 3.5 points.

 

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